[Récit de voyage] Etape 1: Iles Uros, entre comédie et traditions

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Trait d’union entre la Bolivie et le Pérou, le mythique lac Titicaca est parsemé d’îles, plus ou moins grandes, et plus ou moins… flottantes. Parmi elles, se détache l’ancien foyer des indiens Uros, derniers représentants d’un peuple ancestral des Andes, dont le destin est intimement lié au lac.

1. Iles Uros 1

Il est 7h du matin. Le port de Puno s’agite et les bateaux à moteur se remplissent un à un. On embarque, déjà sceptique, dans une lancha pleine à craquer. Nous quittons Puno et sa nappe de vase verdâtre pour voguer à travers la baie du même nom. La ville et les collines la surplombant se font lointaines et déjà notre chaloupe s’enfonce au milieu des champs de totora, ces hauts roseaux du lac Titicaca.

 

Passion totora

Après une trentaine de minutes de trajet, le bateau s’approche du célèbre archipel des Uros, une quarantaine d’îles campées en cercle, entre les champs de totora. Nous accostons sur l’une d’elle, accueillis avec enthousiasme par les chants des cholitas, vêtues de leurs superbes costumes traditionnels colorés aux couleurs chatoyantes. C’est au peuple Uros, les premiers habitants des lieux originaires de Tiwanaku en Bolivie, que l’on doit le nom de ces iles flottantes. C’est au 13ème siècle que, pour échapper aux Incas, la tribu rivale, ils construisirent des radeaux en totora et les lièrent ensemble. Sous l’effet du temps, la totora se disloqua et ces embarcations de fortune fusionnèrent pour former plusieurs immenses îlots. Aujourd’hui ces iles sont habitées par les communautés Amayras, il en existe une cinquantaine, dont une quinzaine sont ouvertes à tour de rôle aux visiteurs. Nous mettons donc pied à « terre » sur ce sol de totora, qui donne davantage l’impression de marcher sur un lit d’eau. Le pied s’enfonce dans ce jonc souple et gorgé d’eau, les appuis incertains. Pourtant les îles, dont l’épaisseur atteint environ 80cm, sont reliées entre elles et ancrées dans le sol par des poteaux en bois d’eucalyptus. Le vent et les courants auraient tendance à les éloigner et les faire dériver. Alors chaque semaine, les habitants rajoutent une nouvelle couche de roseaux pour remplacer celle qui a coulé. La totora est également utilisé pour la construction des maisons, des bateaux, pour nourrir les animaux et cuisiner. La partie blanche de la tige du roseau est en effet comestible et très apprécié pour le calcium qu’elle contient (elle sert même de dentifrice !).

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Disneyland péruvien

C’est un indien en tenue traditionnel qui nous l’explique, une mini reconstitution du village en jonc en guise de maquette, les autres habitants en arrière plan rejouant des scènes de vie quotidienne : la pêche, le tissage…Sous l’œil racoleur des vendeurs de bibelots artisanaux. Un vrai show ! Oui, on le savait, les îles Uros c’est un peu le Disneyland péruvien ! Il ne s’agit que de villages fictifs : ces indiens de la montagne vivent plus loin dans la lagune (ou à Puno !) sur des îles flottantes équipées… de toits en tôle, de murs en bois et de panneaux solaires ! Rapidement, la visite prend des airs de comédie burlesque, mais derrière cet aspect très commercial, comprendre ces techniques ancestrales et ces modes de vie de ce peuple de l’eau est riche d’enseignements. Après quelques chants et danses avec les enfants, nous assistons, consternées au ballet des bateaux qui déversent les touristes et quittons soulagées cette île flottante pour sa voisine Amantani, avant de rejoindre la belle Taquile.


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