L’autre Copacabana

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Même si ses plages n’ont ni la renommée ni le prestige de celle de son homologue brésilienne, Copacabana, la bolivienne, ne manque pas d’atouts pour séduire les amateurs de détente et de promenade… dans le temps !

Copacabana, Bolivie - The Report Earth

Comme un air de station balnéaire

Flanqué à 3840m d’altitude sur les berges du lac Titicaca, Copacabana est un village très vivant, où se croisent paysans du coin, pèlerins d’ici et d’ailleurs et autres touristes en vadrouille. Véritable oasis de tranquillité, ce joyeux patelin est souvent apprécié par les voyages au long cours pour se reposer et se détendre après la frénésie de la Paz ! La petite bourgade est d’ailleurs devenue une halte incontournable du traditionnel circuit touristique Pérou-Bolivie. C’est vrai qu’il flotte ici comme un air de station balnéaire…!

Les frêles pontons en bois s’avancent sur la surface miroitante du Titicaca, les eaux claires du lac scintillent au soleil, des péniches paresseuses voguent tranquillement sur les vagues nonchalantes. A défaut d’accès à la mer, les boliviens ont décidé de se consoler sur les bords de l’un des plus grands lacs de la région. Cependant, les vastes eaux du lac ne font pas longtemps illusion, et les férus de longues baignades rangeront vite leur slip de bain : la température des eaux dépasse rarement les 10 °C!

5. Copacabana, Bolivie - The Report Earth

Le soir venu, c’est sur un des rooftops en face du lac, qu’il faut se rendre: lovés dans une chaise de plage, un aguayo (tissu traditionnel andin) en guise de plaid, on assiste, dans un calme mirifique, à la lascive descente du soleil vers cette immensité bleue. Le kit bonheur ne serait évidemment pas complet sans la traditionnelle et pas moins délicieuse Altiplano – une bière brassée à partir de quinoa-.

« Mirador sur le lac »

En langue quechua, « Copacabana » signifie « Mirador sur le lac » et la vue sur les berges depuis la berge ne fait que confirmer l’incroyable quiétude qui règne sur ces rivages.Et il suffit de prendre de la hauteur pour s’en rendre compte, direction l’ascension du Calvario –qui ne saurait porter meilleur nom !- un chemin de croix d’une quarantaine de minutes. Une fois le sommet atteint, crises d’asthmes et courbatures trouvent récompense instantanément : en surplomb, le panorama s’étire à 360°, la baie de Copacabana d’un côté, le lac Titicaca, infini et vierge de l’autre. Certains choisiront alors de faire brûler un cierge : blanc pour la santé, noir pour l’argent ou rouge pour l’amour.

Copacabana, Bolivie - The Report Earth

Religion et superstition

Malgré le flot incessant de touristes déversés par les cars, la petite bourgade a su préserver sa douceur de vivre. Déjà connu comme lieu de pèlerinage sous l’empire inca, le lieu a conservé son aura sacré : on y vénère désormais Notre-Dame de Copacabana, sainte patronne de la Bolivie. Installée en sa grande basilique d’un blanc éclatant, elle attire les bigots par milliers. S’imposant fièrement avec son architecture colossale et ses magnifiques dômes azulejos, la cathédrale abrite la fameuse sculpture de la Vierge Indienne de Bolivie. Vénérée dans tout le continent sud-américain, cette icône apparait comme un des symboles du syncrétisme religieux entre l’Occident chrétien et les croyances des Andes. Sa particularité ? Cette Vierge est « noire » : ses traits de visage sont typiques des incas, ce qui explique sa renommée.

Copacabana vierge, Bolivie - The Report Earth

Si son histoire reste mystérieuse, la légende raconte que Tito Yupanqui, descendant direct de la famille royale inca, aurait fait un songe étrange de la Vierge lui demandant de tailler une sculpture en bois à son effigie. Le 5 août, la cité bolivienne accueille ainsi des fidèles venus de tout le pays et même du Pérou pour lui rendre hommage. Mais finalement, c’est un peu la fête tous les jours devant la cathédrale, et notamment le weekend. Des centaines de bus, camions et voitures, décorés de guirlandes de fleurs et de rubans colorés, se bousculent sur la place principale pour recevoir une bénédiction d’un prêtre. Et tandis que le curé asperge les véhicules rutilants d’eau bénite, les chauffeurs et leurs épouses arrosent l’évènement… à la bière !

3. Copacabana baptême voitures, Bolivie - The Report Earth

A Copacabana, la religion flirte souvent avec la superstition, dans une orgie de musique, de couleurs, de fête et d’alcool, lors de cérémonies à la limite du surréalisme ! Toujours sous l’œil bienveillant de Nuestra Señora de Copacabana… qui semble veiller sur le lac et ses trésors. Car Copacabana c’est aussi et surtout la porte d’entrée pour découvrir le lac Titicaca : c’est ici qu’on largue les amarres pour la lumineuse Isla Del Sol.


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