Plateau des Bolovens, Laos - The Report Earth

Les Bolovens sur un plateau

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Principale zone agricole au Laos, le plateau des Bolovens est aussi une région où se mêlent différentes ethnies, dispersées au cœur de forêts primaires. Cascades spectaculaires et plantations de café se volent mutuellement la vedette pour le bonheur des routards-motards, sillonnant les contreforts et les hauteurs du plateau.

Plateau des Bolovens, Laos - The Report Earth

Situé entre le Mékong et la mer de Chine méridionale, à mi-chemin de Phnom Penh et de Vientiane, le plateau des Bolovens est un territoire de circulations et d’échanges avec le reste du Laos mais aussi les pays voisins. Idéalement campé à 1 200 mètres d’altitude, « le grenier du Laos » jouit de conditions climatiques et géographiques idéales. Un sol fertile, de l’eau en abondance, différents types de culture en étagement… les agriculteurs avertis y reconnaitront tous les atouts d’une région agricole prospère. Sa situation centrale, au cœur d’une zone périphérique de l’Asie du Sud-Est continentale, en fait ainsi un centre d’exportation majeur pour l’agriculture. Plantation d’hévéas, d’arbres à thé et bananiers, parcelles de bois précieux (teck), cultures maraichères, rizières et terrains de caféiers façonnent les paysages de ce plateau.

Le «grenier du Laos »

Plateau des Bolovens, Laos - The Report Earth

Peuplée d’environ 120 000 habitants, la région regorge de sites exceptionnels pour les visiteurs de plus en plus nombreux, le secteur étant désormais facilement accessible. Il suffit d’enfourcher une moto et de se lancer à la découverte de ces lieux emblématiques à travers celles qu’on appelle désormais, la « Petite Boucle » et la « Grande Boucle ». La route en bon état (pour une route au Laos !) et peu fréquentée, mènera les aventuriers au cœur de ce que les colons surnommaient « les terres rouges d’Indochine ». On se hâte alors de quitter Paksé, l’industrielle et désuet Paksé… C’est toute la production locale qui défilent alors devant nous : marché des pastèques, coin de l’artisanat en rotin, quartiers des forgerons… Soudain, les signes de vie citadine disparaissent et laissent place aux arbres luxuriants et collines verdoyantes.

Chutes libres

Plateau des Bolovens, Laos - The Report Earth

Sous nos yeux ébahis, un paysage mirifique parsemé de cascades en veux-tu en voilà… On en compte pas moins de dix-sept, sur et autour du plateau ! Si elles sont toutes aussi spectaculaires, elles sont surtout très différentes les unes des autres. Tad Fan, considérée comme la plus haute du Laos (titre sérieusement disputé avec Katamtok), fait figure de star sur le plateau. Les deux chutes jumelles jaillissent au-dessus d’une dense forêt et dégringolent à pic dans un canyon vertigineux de 200 m de profondeur, au cœur de la jungle luxuriante de Dong Hua Sao. Depuis le Tad Fan Resort, les plus téméraires se lanceront dans des trecks à travers l’une des réserves naturelles les plus riches en biodiversité du pays. Au programme : passage de ponts suspendus, baignade en aval des chutes, observation de la faune et de la flore, sentier jusqu’à la jolie et populaire chute Tad Yaung… Cette dernière, à 3km seulement de Tad Fan, remporte elle aussi tous les suffrages avec ses impressionnantes chutes se déversant en échelle dans un paysage tout à fait paradisiaque. Tad Champee, moins haute que les autres (environ 5 mètres avec un bassin large d’une vingtaine de mètres), n’est pourtant pas en reste. Son voile liquide se précipite dans un petit lac encaissé et bordé d’une végétation foisonnante. Idéal pour un bain ressourçant et vivifiant !

Du café servi sur un plateau

Mais la région ne doit pas uniquement son succès à la beauté de ses cascades, toute cette eau doit aussi partager les honneurs avec l’autre star locale: le café. En prenant la route vers le nord du plateau, à travers cette région doucement montagneuse, c’est l’odeur si particulière des grains de cafés qui nous rappellent à l’ordre. On cultive ici un des cafés les plus célèbres du monde, répondant parfois au doux surnom de « Champagne du café ». Avec son altitude comprise entre 1000 et 1300 m, son climat frais et humide, le plateau des Bolovens réunit les meilleures conditions pour cette culture. Ce sont les Français qui l’ont introduit en 1920, en plantant les premiers arbres qui permettront des années plus tard d’alimenter une bonne part de l’économie régionale. les caféiers encore en fleurs distillent une douce odeur de jasmin. Ici et là, les grains de café fermentent et sèchent sous le soleil écrasant, mais là c’est u ne tout autre histoire olfactive ! Avec cette odeur de fruit pourri qui vient nous titiller les naseaux, on se croirait en pleine vendange… ! Tout au long du trajet, on peut ainsi observer de près le processus de fabrication du café et comprendre les rouages de cette économie florissante. À côté des gros producteurs, de nombreuses exploitations familiales commencent à se regrouper en coopératives et essaient de privilégier une production biologique de qualité. Ainsi, on voit apparaître de partout des labels de café organique, café équitable, etc…

Minorités ethniques et villages reculés

Plateau des Bolovens, Laos - The Report Earth

Emergeant de ces terres fertiles, la cité agricole et industrielle de Paksong se dresse timidement au milieu de ces routes sans fin. Point de croisement entre la petite et la grande boucle, elle est aujourd’hui un passage obligé pour les routards. Pourtant ce secteur a été très éprouvé par la guerre du Vietnam : rayée de la carte par les bombardements américains, Paksong a du être entièrement reconstruite. A la sortie de la ville, on remarque les stupas des deux révolutionnaires : laotien à gauche, vietnamien à droite. Si la bourgade n’a rien de transcendant, son marché animé a au moins le mérite de faire vivre la ville endormie : tir à la carabine, fléchettes, jeux gonflables, pop corn et barbe à papa… on se croirait à la fête foraine ! Version campagne très –très- reculée !

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Le plateau des Bolovens est en effet une région peu peuplée, accueillant différentes minorités ethniques, telles que les Laven (qui ont donné leur nom au plateau). Peuples mom-khmères, Alak ou Ya Heune, c’est un véritable foyer pluri-ethniques. C’est dans le village de Ban Kok Pung Tai qu’ont élu domicile les Katou, un peuple protomalais (relatif aux populations malaises primitives ) isolé et renfermé, vivant en auto-suffisance. Contrairement à la majorité des Laotiens, de confession bouddhiste, ils sont de croyance animiste, et ont donc des us et coutumes très différents. Ce peuple ne parle pas laotien, mais communique avec son propre dialecte; et s’ils ne s’habillent plus en costume traditionnel, ils s’appliquent à préserver leurs traditions, telles que la confection de leur propre cercueil qu’ils conservent jusqu’à la date fatidique sous les greniers à riz. Ici, entre les maisons de palme et de chaume, les enfants se baladent souvent nus, en joyeuses bandes suivies de près par les poules et cochons. Autre particularité : tous les habitants, du plus âgés aux plus jeunes, fument le tabac dans des pipes à eau en bambou…

Aventure au ralenti

Plateau des Bolovens, Laos - The Report Earth

Sous un soleil de plomb, on file à travers les villages, guidés par une pluie de sourires et « sabadiiii » enjoués. Slalom entre deux buffles d’eau, crevasses sur les routes terreuses… Il faut composer avec les lois de la campagne ! Quand soudain, apparaît, tel un oasis au milieu du désert, le charmant village de Tad Lo. Une mignonne bourgade à 90km au nord-est de Paksé, fait de maisons de bois lovées aux abords de la rivière Xe Set. Tad Lo, c’est un peu comme le chant des sirènes pour les pirates : difficile de résister à son appel enchanteur ! Baignade dans la rivière scintillante, ballade dans les forêts environnantes, plongeon au pied des cascades… Tout épicurien comprendra vite pourquoi c’est aujourd’hui l’endroit le plus couru du circuit !

Nul besoin donc, d’être un grand pilote pour se lancer à l’assaut du plateau des Bolovens, une bonne dose de curiosité et d’audace suffisent. S’enfoncer dans la jungle à travers ses pistes rouge de latérite, errant de villages en villages, au milieu des maisons de bois et cultures foisonnantes, sous un ciel aussi magnifique que menaçant… Dans cette zone reculée du Laos, on réapprend à prendre le temps. Le temps d’observer la vie qui s’écoule au ralenti, le temps d’apprécier la beauté fugace des paysages. Le temps d’apprendre qu’il suffit de peu pour vivre heureux.


PRATIQUE

Quelques adresses sur le plateau des Bolovens ici

Plateau des Bolovens, Laos - The Report Earth

La meilleure saison s’étale d’octobre à mars, on évite ainsi la mousson et l’activité bat son plein dans les plantations de café. Toute l’année, de fréquentes averses balayent le plateau et le soir, prévoir des vêtements un peu plus chaud, il y fait plus frais, et même si c’est appréciable après une journée sous le soleil éclatant, on apprécie une petite laine la nuit venue.
Il faut compter plus ou moins trois jours pour effectuer la boucle d’environ 300 km.


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