Rocher d'or, tourisme - the Report Earth

Rocher d’Or, spiritualité en équilibre

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La pagode de Kyaiktiyo, le « Rocher d’Or » de son petit nom, fait la fierté –et la fortune- de l’etat Môn, dans le sud de la Birmanie. Si ce gros caillou doré posé en équilibre à 1 200 m d’altitude défie toutes les lois de l’attraction, il témoigne aussi de la ferveur qui anime les birmans dans leur quotidien. Et questionne les rouages du tourisme en Birmanie…

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Du doré, du doré !

Tranquillement posé en équilibre sur une montagne, cet énorme rocher de granit de 6 mètres de diamètre, coiffé d’un mignonnet stûpa de 7,3 mètres, est l’un des principaux lieux de culte du bouddhisme birman. L’histoire raconte que ce rocher spectaculaire aurait été placé à cet endroit par deux « nats « (esprits), il y a près de 2 500 ans. S’il semble prêt à vaciller à tout moment, l’équilibre du Rocher d’Or ne tient à un fil : un cheveu (ou deux selon les versions) de Bouddha, conservé à l’intérieur du stupa le dominant. C’est le roi Tissa, qui au XIème siècle, reçut en offrande ce fameux cheveu des mains d’un ermite. Le lieu, est depuis devenu un haut lieu du pèlerinage bouddhiste ; et en Birmanie, faut que ça brille ! Les pèlerins, en offrandes, recouvrent donc ce monolithe évoquant la tête de ce fameux ermite, de milliers de feuilles d’or. Ici, quand on aime, on ne compte pas… et on ne lésine pas sur la dorure !

Sacré mercantilisme

Depuis l’ouverture économique de la Birmanie en 2011, le Rocher d’Or attire aussi de plus en plus de visiteurs étrangers, débarqués notamment de la Thaïlande voisine. Visiter le Rocher d’Or est en effet devenu un passage quasi-obligé pour les touristes de plus en plus nombreux à se rendre en Birmanie. Et il y a de quoi succomber : c’est grand, c’est gros, ça brille … ! Que demander de plus ? Pourtant, malgré l’affluence quotidienne autour de cet étonnant lieu de culte, les petits commerçants locaux sont peu à profiter des retombées économiques de ce tourisme de masse. Les structures proches des autorités elles, se remplissent allègrement les poches…Car le tourisme dans cette zone de culte relève d’un système bien rodé pour engraisser les caisses de l’état : entre les prestations souvent exorbitantes des hébergements, des espaces de restaurations, des conditions et du prix de transport (un camion aux allures de bétaillère), du tarif d’entrée… On comprend que certains rebroussent chemin.

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Sacré mercantilisme

Le Mont Kyaiktiyo a une importance capitale pour les bouddhistes birmans, qui viennent par milliers prier, méditer et voir, surtout, cet étonnant pied de nez aux règles d’équilibre. En revanche, pour les femmes, pas touche au caillou ! Elles n’ont ni le droit de le toucher, ni de s’en approcher. Il faudra se contenter d’une prière à distance… ou d’un selfie bien travaillé devant le Saint Rocher ! Alors le Golden Rock, notre Lourdes Birman ? On en s’approche en tout cas.
Mais si l’aspect mercantile du lieu sacré peut en freiner certains, ce sanctuaire sacré conserve cependant toute son aura. Et malgré le kitsch environnant, le lieu séduit par son atmosphère de dévotion et de ferveur. Ici et là, les pèlerins se recueillent en famille, allument des cierges à la tombée de la nuit et méditent jusqu’au petit jour. Au pied de ce rocher en équilibre précaire, la magie du lieu opère et on se surprend à refaire le monde devant les reflets scintillants de cette mythique pagode.

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Infos pratiques

Si l’on peut loger tout près du rocher, sur le mont Kyaikthyo, les établissement restent très chers, la plupart des baroudeurs se retrouvent à Kinpun, le « camp de base » à 14km, au pied de la colline du rocher. Le trajet pour rejoindre le St Graal s’effectue dans des camionnettes, chargées jusqu’à implosion et ne démarrent que lorsqu’elles ont atteint leur quota de 50 passagers. En route, on accroche casquette et estomac et on s’offre un tour de grand-huit . ça grimpe sec, et ça tourne, ça tourne beaucoup.
Trajet : 2000 Kyats (1,40€) – 40min entre 7 h 00 et 18h 00
A savoir : Une fois le sommet atteint, il faut reprendre ses esprits et parcourir quelques centaines de mètres, avant de s’acquitter d’une nouvelle dime pour le droit d’entrée : 6 000 kyats (4,20€) pour les étrangers (gratuit pour les locaux).


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